La plupart des propriétaires ne réalisent pas que vendre une maison en Ontario n’équivaut pas forcément à voir une lourde facture fiscale s’abattre sur leur profit. Le fisc fédéral ne prend qu’une part du gâteau, et cette règle cache bien des subtilités, surtout si le bien a changé de mains, de fonction, ou de propriétaire non résident.
À chaque vente immobilière, il faut naviguer entre exonérations ciblées et obligations de déclaration parfois immédiates. Ce n’est pas simplement la différence entre le prix d’achat et le prix de vente qui compte : tout dépend de la réglementation canadienne, des pièces à fournir, de l’usage du bien et du statut du vendeur. Le calcul du gain imposable ne laisse aucune place à l’improvisation.
Comprendre le gain en capital lors de la vente d’une propriété en Ontario
En Ontario, le régime des gains en capital s’applique dès que la propriété vendue n’est pas considérée comme votre résidence principale. Partout au Canada, seul un pourcentage du gain en capital entre dans le calcul des impôts. Le principe : la différence entre le prix de cession et le prix de base rajusté (qui additionne tous les frais d’achat et d’améliorations) donne le gain en capital réalisé.
Depuis plusieurs années, la règle veut que 50 % de ce gain soit ajouté à votre revenu imposable. Peu importe que vous soyez particulier ou que vous agissiez via une société, la mécanique reste identique : un profit de 100 000 $ sur une maison secondaire se traduit par 50 000 $ ajoutés à votre déclaration de revenus et taxés selon votre taux marginal.
À l’inverse, une perte en capital se déclare si le montant de la vente ne couvre pas le prix de base rajusté : cette perte peut alléger d’autres gains en capital la même année ou se reporter sur les exercices précédents ou futurs. Attention, la résidence principale échappe à toute imposition sur les gains en capital, du moment que les règles d’admissibilité sont respectées.
Le fisc distingue clairement la résidence principale des autres biens : immeubles locatifs, chalets, ou maisons secondaires. Sur ces derniers, chaque gain ou perte en capital est à déclarer. Il faut alors s’armer de rigueur : formulaires, preuves du prix de base rajusté, relevés de travaux majeurs… Tenir un dossier précis facilite le dialogue avec l’Agence du revenu du Canada, surtout lors d’un contrôle.
Comment le calcul s’effectue concrètement : étapes et exemples
Décomposer le calcul, étape par étape
Voici le cheminement à suivre pour calculer votre gain en capital lors d’une vente immobilière en Ontario :
- Identifiez le prix de vente réel de la propriété : c’est la somme perçue à la transaction.
- Établissez le prix de base rajusté (PBR) : additionnez le prix d’achat, les frais juridiques, les commissions d’agent et le coût des rénovations qui augmentent la valeur du bien (les travaux d’entretien courant n’entrent pas dans ce calcul).
- Soustrayez le PBR du prix de vente pour obtenir le gain en capital brut.
- Appliquez le taux d’inclusion en vigueur : actuellement, au Canada, 50 % du gain en capital passe à l’imposition.
Exemple chiffré
Prenons le cas d’un duplex vendu à Toronto : prix de vente 850 000 $, acquisition à 600 000 $, frais majeurs et honoraires totalisant 50 000 $. Le PBR s’élève alors à 650 000 $. La différence (850 000 $ – 650 000 $) donne 200 000 $ de gain en capital. Seule la moitié, soit 100 000 $, s’ajoute au revenu imposable. Le taux d’imposition final dépendra de la situation du propriétaire.
Cas de la perte en capital
Le mécanisme fonctionne aussi à la baisse. Si votre prix de vente est inférieur au PBR, la différence est considérée comme une perte en capital. Cette somme pourra compenser des gains en capital de la même année ou d’années différentes, selon les dispositions fiscales applicables.
La fiabilité des calculs, la conservation de tous les justificatifs, et la bonne compréhension du taux d’inclusion, conditionnent la conformité de votre déclaration.
Résidents et non-résidents au Canada : quelles différences face à l’impôt sur les gains en capital ?
Le statut, résident ou non-résident, change la donne. Cela ne se limite pas à une case à cocher : tout le processus de déclaration et le calcul du gain imposable en dépendent.
Pour un résident canadien, la marche à suivre reste linéaire : chaque gain en capital généré par la vente d’un bien immobilier s’ajoute au revenu global, à hauteur de 50 % du montant réalisé. L’Agence du revenu du Canada attend sa part, peu importe la province. Tout passe par la déclaration de revenus annuelle.
Du côté des non-résidents, la procédure se complexifie. Lors de la vente, une retenue à la source de 25 % du prix de vente brut est prélevée. Ce montant est remis à l’Agence du revenu du Canada, via le notaire ou l’acheteur. Le vendeur non résident doit par la suite soumettre un formulaire spécifique pour faire recalculer l’impôt sur la base du gain réel, et non sur la totalité du prix de vente. Ce dispositif vise à garantir que le fisc perçoive sa part, même si l’ancien propriétaire vit à l’étranger.
La question de la double imposition n’est pas à négliger : selon le pays de résidence, le vendeur pourrait être imposé deux fois. La plupart des conventions fiscales internationales prévoient toutefois des mécanismes pour éviter ce scénario. En cas de doute ou de situation complexe (changement de statut, détention en société), mieux vaut solliciter un professionnel du droit fiscal.
Obligations fiscales, taux applicables et démarches à ne pas négliger
Vendre une propriété en Ontario active immédiatement des obligations fiscales précises. Dès qu’il y a un gain, c’est-à-dire que le montant perçu dépasse le prix de base rajusté,, il faut calculer le gain en capital et l’inclure dans la catégorie des revenus imposables de l’année.
Le taux d’inclusion reste la pierre angulaire : la moitié du gain en capital entre dans le revenu imposable. Cette règle fédérale s’applique à tous, sauf exception. Ensuite, votre taux d’imposition personnel ou celui de votre société détermine le montant final à payer.
Pour éviter toute mauvaise surprise, voici les pièces à préparer dès la vente signée :
- les documents attestant l’achat ;
- les factures concernant les travaux majeurs ayant augmenté la valeur du bien ;
- le relevé officiel du prix de vente ;
- les preuves du statut de résidence principale pour l’exonération éventuelle.
Si le vendeur est non résident, il doit obtenir une certification de conformité de l’ARC avant de conclure la vente, sans quoi l’acheteur retiendra une part substantielle du prix. La déclaration du gain en capital requiert le formulaire T2062 et respecte des délais stricts.
Omettre la déclaration ou sous-estimer le montant imposable expose à des pénalités et des intérêts. Selon les situations, la fiscalité provinciale s’ajoute à la fédérale. S’entourer d’un professionnel, fiscaliste, comptable expérimenté, peut faire toute la différence pour sécuriser la vente et optimiser la gestion du gain en capital.
Au fond, vendre une propriété en Ontario, c’est accepter un jeu de règles où chaque détail compte. La fiscalité ne pardonne pas l’improvisation : un calcul précis, des justificatifs bien gardés, et parfois un expert à vos côtés, voilà ce qui fait la différence entre une vente sereine… ou un casse-tête fiscal qui s’éternise.


